Gabon/ Julien Nkoghe Bekale en Hector Berlioz : Le Tweet qui fait couler encre et salive

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ph/dr

Libreville, (Gabon minutes)- Hier en début d’après-midi, sur son compte tweeter personnel, le Premier ministre a publié un propos « piquant », laconique mais vraisemblablement adressé à ses détracteurs.

« Je ramasse les pierres qu’on me jette pour construire les murs de mon temple intérieur». Ce sont ces mots que le Chef du gouvernement a tweetés  il y a quelques heures, s’inspirant probablement de la célèbre phrase du compositeur et écrivain français du 19 ème siècle, Hector Berlioz, qui estimait qu’ « il faut collectionner les pierres qu’on vous jette.

C’est le début d’un piédestal ». Si cette publication a donné lieu à des réactions sarcastiques diverses, voire des moqueries grinçantes et parfois ingénieuses, sur la toile, il n’en demeure pas moins qu’elle est certainement lourde de sens et évocatrice de l’état d’esprit actuel de son auteur.

Attaqué à tort ou à raison sur les fronts social et politique, appelé ici et là à déposer son tablier après 12 mois seulement à la tête du gouvernement, Julien Nkoghe Bekale semble répondre via ce tweet aux pourfendeurs de son action que d’aucuns parmi eux estiment illisible, voire approximative, quand quelques voix affirment au contraire que le député du 1er arrondissement de la Commune de Ntoum serait « l’homme de la situation » aux fonctions républicaines qui sont les siennes.

Acculé de toutes parts, voyant même certains de ses hommes de main écartés des centres de décisions et de la haute administration, le Premier ministre a à travers ce tweet au moins le mérite de faire preuve de résilience et d’esprit philosophe, dans un contexte de plus en plus oppressant pour lui et ceux qui lui sont encore farouchement et sincèrement fidèles. Ayant d’ailleurs récemment exprimé publiquement ses doutes quant à l’avenir, Julien Nkoghe Bekale se sait en proie à l’entretien d’une sellette sur laquelle bon nombre d’acteurs de son propre parti politique ou de l’opposition s’évertuent, en sourdine ou ouvertement, à le maintenir pour sommairement l’y exécuter sur le plan politique et en temps « opportun ».

En cette occurrence, l’homme « fort » de Ntoum devrait donc plutôt se méfier des « caresses verbales » et autres marques de flagornerie qui ont montré toutes leurs limites en matière de sincérité sur la scène politique gabonaise, pour privilégier la vérité acide mais plus bénéfique des critiques objectives de sa politique et de ses attitudes républicaines. Car, au bout du compte,  seul ce type de « pierres » est à « ramasser » pour une construction plus solide du « temple »; édifice qui devrait plutôt être celui du Gabon et son peuple, et non celui de la seule carapace intérieure d’un responsable politique, quel qu’il soit.

 

SR


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